Atlas
des
bifurcations
22-24 octobre 2021
Diep~Haven 2021
festival d’idées et de création contemporaine
Du 22 au 24 octobre 2021
“Atlas des bifurcations”
Rencontres, débats, projections, lectures, ateliers
D.S.N., Scène Nationale de Dieppe
Criée de Dieppe (Port de Dieppe)

Edito / présentation générale
Vendredi 22 octobre 2021
Samedi 23 octobre 2021
Dimanche 24 octobre 2021
Exposition vidéo
Equipe - Partenaires - Remerciements
Informations pratiques

Samedi 23 octobre 2021

Festival Diep~haven 2021
festival d’idées et de création contemporaine

:
D.S.N. – Dieppe Scène Nationale, Normandie
Criée de Dieppe (Port de Dieppe)

quand :
10h-12h à D.S.N, Grande salle
14h-16h au Studio de Danse de D.S.N
16h-18h à D.S.N, Grande salle
18h-20h à la Criée
20h30-22h à D.S.N, Grande salle

Avec microsillons, Marianne Guarino-Huet & Olivier Desvoignes, artistes, Frank Smith, artiste et poète, Léna Balaud, philosophe et ingénieur agronome, Diego Landivar, économiste, Yann Moulier-Boutang, philosophe et économiste, Eric Lecerf, philosophe, Bertrand Ogilvie, philosophe, Romain Bertrand, historien. Et en distanciel, Alexander Neumann, sociologue, Silvana Rabinovich, philosophe,  Frédéric Rambeau, philosophe.

La librairie La Grande Ourse, partenaire du festival, sera présente à Dieppe Scène Nationale le samedi 23 octobre pour présenter les livres des différents intervenants.

10h-12h à D.S.N.-Dieppe Scène Nationale, Grande salle
Bifurcations pédagogiques
Atelier

Le collectif microsillons présentera sa recherche autour du pédagogue critique Paulo Freire (1921-1997) et les formes de réengagement artistiques et pédagogiques qui en sont issues. Cette présentation sera suivi d’une séquence dans laquelle chacun·e·x sera invité·e·x à réfléchir aux sujets, outils ou tactiques auxquels nous devrions urgemment nous éduquer pour réimaginer le monde en commun. Pour ce faire, un baluchon, dont la forme s’inspire du blob –  organisme monocellulaire capable d’apprendre et de transmettre son apprentissage – servira d’outil générateur. Cet objet est un patchwork de propositions, de voix, de langages et de positions  sur les enjeux contemporains de l’éducation.

microsillons, Marianne Guarino-Huet & Olivier Desvoignes, artistes

Créé en 2005 à Genève par Marianne Guarino-Huet et Olivier Desvoignes, le collectif microsillons développe des projets artistiques collaboratifs engagés dans une réflexion sociale et citoyenne, en s’appuyant sur des stratégies issues des pédagogies critiques et féministes.
Le collectif a collaboré avec de nombreuses institutions culturelles dont le Garage (Moscou), le 116 – centre d’art contemporain (Montreuil), VANSA (Johannesburg), le WYSPA Institute (Gdansk), le Centre d’art contemporain du Parc St-Léger ou Le Centre d’art contemporain Genève, où il a été en charge des projets de médiation entre 2008 et 2010. Depuis 2015, microsillons est responsable du Master TRANS– Pratiques artistiques socialement engagées, à la HEAD – Genève. microsillons a participé à plusieurs recherches soutenues par le Fonds national suisse de la recherche scientifique et a publié en 2019 “Motifs incertains – Enseigner et apprendre les pratiques artistiques socialement engagées” (Presses du réel). Le collectif est lauréat d’une bourse pour médiateur de la Ville de Genève (2007) et d’un Swiss Art Award (2008) (finalistes de l’édition annulée de 2020). Marianne Guarino-Huet et Olivier Desvoignes sont détenteurs de doctorats (PhD) de la University of the Arts London.

 

14h-16h au Studio de Danse de D.S.N.- Dieppe Scène Nationale

Frank Smith, artiste, poète

Atlas poétique des Solidarités – Quelqu’u/n de s-o-l-i-d-a-i-r-e
Lecture collective proposée par Frank Smith

Composé d’une série de propositions juxtaposées les unes aux autres, qui se déplient, s’augmentent et se déploient, ce texte inédit* mène une « guerre après les guerres » : il veut dire l’urgence de vivre, de désirer, de comprendre, de tolérer, de dire et de soutenir au-devant des autres — avant qu’il ne soit trop tard. Une force d’interpellation qui tisse une certaine forme de communauté dans un chacun pour le tout.
Par cette lecture collective, chaque spectateur est invité à lire, à fonder une multitude de voix. Car cet Atlas poétique des solidarités cherche une exploration des liens  – polyphonie de foule, choeur en mouvement- dans une perspective ouverte vers l’avenir.
*Texte conduit en 2021 dans le cadre du programme « Résidences d’écrivains de la Région Île-de-France » 

Frank Smith est écrivain et vidéaste. Il est représenté par la Galerie Analix Forever (Genève). Il est le créateur du Bureau d’Investigations Poétiques depuis lequel il explore les jonctions s’exerçant entre Poésie, Politique et Image — au moyen de livres, de films, d’installations, d’expositions et de performances. Sont ainsi délivrés « des protocoles d’expérimentation qui interrogent la possibilité, l’efficience, la performativité de la littérature et du film. » (V. Bergen, art press). Frank Smith a publié à ce jour une vingtaine de livres et développe depuis la parution de GUANTANAMO (Seuil, 2010, et Les Figues Press, Praise by Avital Ronell, Los Angeles, 2014) — sacré meilleur livre de l’année par The Huffington Post — une poétique de type forensique. Dans le prolongement de ces publications, il réalise des films et des installations vidéo où est notamment mis en pratique le non-rapport entre Voir et Parler et à partir desquels sont posés les arcanes d’un nouveau « cinéma de poésie ». Tous ses films ont notamment fait l’objet d’une présentation au Centre Georges-Pompidou, à Paris. Prochain film : LE FILM DE L’ENTRE-DEUX, consacré à la frontière entre les deux Corées. Prochain livre à paraître : IRAK 24 HEURES, éditions Créaphis, en hommage à Julian Assange.

 

16h-18h à D.S.N.- Dieppe Scène Nationale, Grande salle
Bifurcations et redirections écologiques
Rencontre, table ronde

Comment faire entrer les non-humains en politique ?  Face à la catastrophe climatique, comment faire bifurquer nos infrastructures existantes ?  L’humanité doit-elle se préparer à “fermer”ce qui la détruit, selon les propositions portées entre autres par l’économiste Diego Landivar* ?

Léna Balaud, philosophe et ingénieur agronome

Léna Balaud est titulaire d’un diplôme d’ingénieur agronome. Elle est aujourd’hui agricultrice et chercheuse indépendante en philosophie politique. Elle est membre du comité de rédaction de la revue en ligne Terrestres. Avec Antoine Chopot, elle a publié Nous ne sommes pas seuls. Politique des soulèvements terrestres aux éditions du Seuil collection Anthropocène (2020). Que devient la « politique » lorsque des paysannes et des écologistes disséminent des graines de plantes résistantes aux herbicides dans les monocultures d’OGM pour en saboter les rendements ? D’autres manières de faire, de se défendre, de résister, nous devancent, nous déstabilisent et nous renforcent : des manières animales, végétales, sylvestres, microbiennes, fongiques… Nos alliés sont multiformes, considérablement plus nombreux et divers que ce que notre imagination laisse entrevoir.. Ce traité d’écologie politique terrestre ouvre de nouveaux horizons pour agir avec la nature contre ceux qui l’effondrent.

Yann Moulier-Boutang, philosophe et économiste

Yann Moulier-Boutang, est un économiste et philosophe français. Il participe en 1968 au mouvement du 22 Mars puis aux Cahiers de Mai. De 1970 à 1975, il est élève de l’École normale supérieure. Il se rallie aux thèses opéraïstes en 1970 et participe, en 1972, à la création de la revue Matériaux pour l’intervention. En 1973, il rencontre Toni Negri, qui influencera durablement son travail et dont il sera très proche dans les années 1980-2007. Depuis 2000, il est directeur de publication de la revue Multitudes, où il publie régulièrement articles de fond ou de réaction à l’actualité, sur ses sujets de prédilection comme a refonte totale de notre système d’imposition via une taxe pollen sur les flux, ou encore les enjeux politiques du numérique. Après avoir été enseignant à l’École normale supérieure et à l’Institut d’études politiques de Paris, il est professeur de sciences économiques à l’Université de technologie de Compiègne. Il a été International Adjunct Professor au centre Fernand-Braudel de l’Université d’État de New York à Binghamton (États-Unis). Défenseur du revenu de base inconditionnel, il le justifie dans son livre L’Abeille et l’Économiste (2010) par le fait que les hommes créent tous de la valeur économique, à la manière des abeilles lors de la pollinisation. Selon lui, le revenu de base n’est donc pas un système redistributif mais une « rétribution de la pollinisation » de chaque citoyen. Il a notamment publié Le Capitalisme cognitif : la nouvelle grande transformation, éd. Amsterdam, 2007 et Yann Moulier-Boutang, De l’esclavage au salariat : économie historique du salariat bridé, Paris, Presses universitaires de France, 1998. Althusser : une biographie (1re partie), Grasset, 1992 (réédition en poche en 2002).

Diego Landivar, économiste

Diego Landivar est Docteur en Sciences Economique et ancien élève Normalien. Ses travaux portent sur les reconfigurations ontologiques, dans le contexte de l’anthropocène, à partir d’une focale anthropologique. Ces questions l’ont conduit à enquêter sur les reconfigurations cosmopolitiques dans les pays andins, le droit des entités de nature et des non-humains, l’indianisme, le statut des objets techniques, les controverses autour de la transition écologique, la redirection écologique des organisations, les ontologies territoriales ou encore la décolonisation de Mars..  Il est co-fondateur et directeur du laboratoire Origens Medialab.  Il conseille différents territoires et pouvoirs publics en quête de singularité identitaire et d’alternatives écologiques. Il est également co-fondateur du Programme PEOPLE. *Dernier ouvrage paru : (avec Alexandre Monnin, Emmanuel Bonnet), Héritage et fermeture, pour une écologie du démantèlement (éditions Divergence, 2021). Selon Landivar et les co-auteurs de ce livre,  si nous ne parvenons pas à traduire les alertes climatiques et écologiques en actes concrets à la hauteur de ces enjeux, c’est parce que nous n’arrivons pas à « fermer les choses ».  Plus que d’un renversement théorique ou d’une réforme impossible du capitalisme, nous avons besoin de le fermer concrètement. Nous avons construit un mode de gestion de la question sanitaire et écologique où la technologie et l’économie précédent l’enquête. Doit-on se préparer à destaurer, démanteler, désinnover, désincuber ? La question climatique est une affaire politique et technique, mais dans une orientation totalement nouvelle. Nos institutions démocratiques, nos systèmes assurantiels et mutualistes, nos services publics devront désormais être reconfigurés pour cette nouvelle ère climatique. Il nous faut des assemblées pour statuer sur ce que nous gardons et sur ce à quoi nous sommes prêts à renoncer. Nous devons aussi assumer que la question écologique n’est pas naïvement coopérative, et que c’est bien pour cela qu’il faut l’encastrer dans des formes démocratiques, voire constitutionnelles.

Eric Lecerf & Bertrand Ogilvie, philosophes

18h-20h L’utopie à la criée – Rencontre, débat
à la Criée, Port de Dieppe
Adresse: 26 rue Edouard Lavoine 76200 DIEPPE

Attention: cette séance se déroulant à la Criée, dans le port de Dieppe, la jauge public y est limitée, pour y assister (entrée libre) merci de réserver à l’adresse reservation@diephaven.org

“Dans la Criée de Dieppe, lieu de vente aux enchères des poissons, où les produits de la mer sont vendus directement du producteur au mareyeur, et à l’invitation d’Eric Lecerf et Bertrand Ogilvie, cinq intervenants viendront débattre des utopies aujourd’hui. L’utopie n’est pas seulement un genre littéraire et philosophique situé dans l’histoire. C’est une tendance de la pensée qui permet de penser l’existence autrement, indépendamment de toute croyance dans la puissance des discours sur la société et son histoire. Elle est un champ libre d’expérience qui, dans la diversité des espérances auxquelles elle donne corps, ouvre un espace à l’inédit, à la rencontre, sans lesquels vivre ne serait qu’une morne survie sous conditions. En débattre, c’est s’inscrire d’emblée dans une altérité qui, des tribunes du passé jusqu’aux écrans du présent, implique une communauté ouverte.”
Éric Lecerf est maître de conférences en philosophie à l’université Paris 8 depuis 2002. Il est spécialiste de la philosophie du travail et des théories de l’émancipation et donne aussi une partie de ses enseignements au département de cinéma. Avant de rejoindre l’université, Éric Lecerf a travaillé pendant quatre ans (1976-1981) comme ouvrier spécialisé dans la téléphonie, puis a été pendant 18 ans instituteur. Pendant cette période, il a conjointement mené une carrière de chercheur associé, auprès du CESP-EHESS sous la direction de Paul-Henry Chombart de Lauwe (1986-1989) et au Collège International de philosophie (1992-1998).
Né en 1952, Bertrand Ogilvie a enseigné la philosophie depuis 1978, à l’École normale de Cergy Pontoise, à l’Université de Nanterre et enfin  à l’université de Paris 8 Vincennes Saint-Denis de 2012 à 2021. Psychanalyste, il a travaillé également avec des enfants dans les ateliers de peinture d’Arno Stern et a participé à la redécouverte de l’œuvre de Fernand Deligny, à la frontière de l’éducation, de la psychiatrie et de la politique. Très impliqué dans des aventures théâtrales et dans le jazz, grand contemplatif paradoxalement plus intéressé par les rencontres, les collectifs et l’amitié que par le travail solitaire, il a écrit livres et articles sur la musique, le travail, la psychanalyse, l’éducation, la politique et le théâtre qui ont en commun de chercher à cerner les formes contemporaines de la violence extrême et les manières de l’affronter. Il a publié entre autres : Lacan. La formation du concept de sujet aux PUF, L’Homme jetable aux Éditions Amsterdam, La seconde nature du Politique aux Éditions de l’Harmattan, Le travail à mort. La vie quotidienne au temps du capitalisme absolu, aux Éditions de L’Arachnéen et La Légende dorée de l’école émancipée aux Éditions du Retrait.
Eric Lecerf & Bertrand Ogilvie inviteront à participer, durant cette session, en distanciel, Alexander Neumann (sociologue, Université Paris VIII), Silvana Rabinovich (philosophe, Université Nationale Autonome de Mexico), Frédéric Rambeau (philosophe, Université Paris VIII).
C’est à l’initiative du département de philosophie de l’Université Paris 8 – Vincennes – Saint Denis et de son laboratoire, auxquels appartiennent les cinq intervenants, qu’est proposée cette rencontre L’utopie à la criée. Saint Denis à Dieppe, institution qui depuis sa création dans les suites immédiates de mai 68 n’a cessé de défendre cette faculté utopique contre les tendances dogmatiques et les reniements.


20h30-22h à D.S.N. – Dieppe Scène Nationale, Grande salle
Conférence  et rencontre avec Romain Bertrand : “De deux mondes l’un : l’Indonésie et les frères Parmentier”
Samedi 3 avril 1529. Le Sacre et la Pensée, deux nefs de fort tonnage, quittent la rade de Dieppe sous le commandement de Jean et Raoul Parmentier, « capitaines poètes » dont les chants de dévotion exaltent la pureté de la Vierge et l’endurance des marins. Affrétée par Jean Ango, dont la famille a fait fortune en décimant les bancs de harengs et les flottes espagnoles, l’expédition vise à rallier les Îles aux Epices de l’archipel indonésien et à y acquérir du poivre noir au nez et à la barbe des Portugais, lesquels sont déjà pour partie – mais pour partie seulement – maîtres des lieux. Huit mois plus tard, début décembre, les deux capitaines trouvent la mort au large des côtes de Sumatra. Entretemps, nous dit-on, l’Europe de la Renaissance, toute de culture et de science parée, s’est entretenue avec l’Asie, ses sultans et ses oulémas, et leur en a imposé. Vraiment ? 

Romain Bertrand, historien

Romain Bertrand est historien. Directeur de recherches, rattaché au Centre d’études et de recherches internationales (CERI, Sciences Po-CNRS), il est membre du comité de rédaction des “Annales. Histoire, sciences sociales” et enseignant à Sciences Po Paris. Spécialiste de l’histoire des premiers contacts entre l’Europe et l’Asie du Sud-Est, ainsi que des processus de colonisation dans cette même région (Indonésie, Philippines), il a notamment publié “L’Histoire à parts égales. Récits d’une rencontre Orient-Occident (XVIe-XVIIe siècles)” (Seuil, 2011), “Le long remords de la Conquête” (Seuil, 2015), “Qui a fait le tour de quoi ? L’affaire Magellan” (Verdier, 2020) et “Le Détail du monde. L’art perdu de la description de la nature” (Seuil, 2019). Il a également assuré la direction du volume collectif “L’exploration du monde. Une autre histoire des Grandes découvertes” (Seuil, 2019). Il travaille actuellement à une édition critique de la relation de voyage des frères Parmentier à Sumatra en 1529.