diep/ festival de la côte d’albâtre — carto—graphies, 2012

Commissaires : Philippe Terrier Hermann, Alice Schÿler Mallet, Sarah Michel

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La cartographie : une histoire locale
Au 16ème siècle, en pleine renaissance, dieppe est en effervescence : le port développe de nombreuses relations commerciales avec les autres continents et l’armateur jehan ango, gouverneur de la ville, affrète plusieurs expéditions de découverte vers les amériques. cette importante activité maritime s’accompagne de l’implantation dans la ville d’une école de cartographie qui produira des mappemondes et des portulans (cartes nautiques indiquant les ports) de grande valeur, à une époque où une partie de la planète est encore inconnue. ces cartes fabuleuses, accompagnant les grandes découvertes, sont à la fois des objets scientifiques et des objets esthétiques, nés des connaissances autant que de l’imagination des cartographes de l’époque. on les recherchait tant pour le savoir qu’elles véhiculaient que comme oeuvre d’art. s’agissant de terres que l’on ne connaissait pas encore, ces cartes se caractérisent par une grande liberté d’imagination et d’interprétation : les terrae incognitae et les océans sans limites nourrissaient logiquement les fantasmes les plus exotiques et les hypothèses les plus originales…

Pratiques cartographiques en art contemporain
Si les anciennes cartes dieppoises relèvent bien du développement de la géographie, elles participent aussi d’une histoire de l’art. aujourd’hui, alors que la cartographie s’est établie comme science, avec ses instruments, son vocabulaire et ses codes de représentation, et que la quasi totalité de la surface de la terre a fait l’objet d’une représentation précise, de nombreux artistes utilisent et détournent la cartographie pour proposer un autre regard sur notre monde. représentant des territoires réels autant qu’imaginaires, ces cartes d’artistes sont autant d’alternatives à nos cartes officielles où s’exprime une politique de contrôle du territoire. car ces cartes que nous utilisons quotidiennement, prétendument objectives, sont bien souvent l’expression ou le résultat d’une stratégie, qu’elle soit militaire, urbanistique ou économique. elles sont toujours le produit d’une somme de choix : échelle, couleurs, éléments représentés, cadrage, … qui ne sont jamais anodins. ce que les artistes démontrent avant tout, c’est qu’il y a bien d’autres cartes possibles pour représenter un même espace, et même, que chacun peut avoir la sienne propre. s’il n’y a plus de terres inconnues, il reste toujours à redécouvrir les espaces que l’on connaît et à inventer de nouvelles manières de les pratiquer et de les tracer.

Des cartes singulières
Les projets soutenus et les oeuvres présentées dans l’édition 2012 du festival diep ont pour point commun de constituer des représentations alternatives du territoire. des cartes subjectives, exprimant un regard singulier sur un territoire particulier, qui ne se détache pas d’une histoire, ou plutôt des histoires qui l’ont structuré. des cartes qui représentent aussi ce qui ne figure pas sur les cartes communes : d’autres manières de pratiquer la ville, des chemins de traverse et des zones marginales, des portes vers l’imaginaire… ces détournements cartographiques invitent à re-découvrir nos espaces et notre monde, à déplacer son regard et ses pas, et puis aussi, à se faire sa propre carte !

Avec : Sabine Réthoré, Arthur Eskenazi, Laurent Mareschal, Till Roeskens, Bouchra Khalili, Pauline Delwaulle, Clément Postec, Seb Coupy, David Renaud, Anne Durand, Astrid Verspieren